Adam (général)

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Adam, de l'hébreu. Dans la Cabale, Adam est le "seul-engendré", et il signifie aussi "terre rouge". (Voir Adam-Adami dans La Doctrine Secrète, III, p. 53 ; note 2). Il est presque identique à Athamas ou Thomas, et il est rendu en grec par Didumos, le "jumeau", – dans le chapitre I de la Genèse, on le présente comme "mâle-femelle".

(source : "Glossaire Théosophique" d'Héléna Blavatsky)




Des dissertations philologiques ne seraient pas ici à leur place, mais il est permis de rappeler au lecteur que le mot Adi veut dire, en sanscrit, "le premier" ; en araméen, "un" (Ad-ad, "le seul") et, en assyrien, "Père", d'ou Ak-ad ou "père créateur". Or, dès que cette affirmation est reconnue correcte, il devient assez difficile de reléguer Adam dans la Bible mosaïque seule et de ne voir dans ce mot qu'un nom Juif.

(source : "La Doctrine Secrète" d'Héléna Blavatsky, III p.53)




Le terme Ak-ad (ou Akkadiens) appartient à la même catégorie que Ad-m, Ha-va (Eve), Æd-en (Eden) ; Ak-Ad veut dire "Fils de Ad", comme les fils d'Ad dans l'Antique Arabie. Ad-ad, "le seul" et le "premier" était le Ad-on ou "Seigneur" de Syrie et l'époux de Ad-ar-gat ou Aster't, la Déesse Syrienne. De plus, le Gan-Æden (Eden) ou Gandunia était la Babylonie et la Mésopotamie. En Assyrien, Ak voulait dire Créateur, en prononçant le k guttural, comme Kh (ah). Dans le mysticisme de Swedenborg, Adam n'était pas un homme, mais une église (?) de primitive lumière. Dans les Védas, Ad-iti est la lumière primordiale, l'Akâsha du monde phénoménal.

(source : "La Doctrine Secrète" d'Héléna Blavatsky, III p.53, note 2)




Adam-Adami


Un nom comme celui d'Adam-Adami, qui est employé par le docteur Chwolsohn dans sa Nabathean Agriculture et qui est tourné en dérision par M. Renan, ne prouve pas grand'chose aux yeux du profane, mais pour l'Occultiste, il suffit qu'on le trouve dans un ouvrage aussi immensément ancien que celui que nous venons de citer, pour qu'il prouve beaucoup. Il prouve, par exemple, qu'Adami était un symbole multiple, ayant pris naissance chez les Aryens, comme le prouve la racine du mot, et qui leur a été emprunté par les Sémites et les Touraniens, comme tant d'autres choses.

Adam-Adami est un nom générique composé, aussi vieux que la langue parlée. La Doctrine Secrète enseigne qu'Ad-i était le nom donné par les Aryens à la première race humaine douée de la parole, dans cette Ronde. De là viennent les noms d'Adonim et d'Adonaï (l'ancien pluriel du mot Adon), que les Juifs donnèrent à leur Jéhovah et à leurs Anges, qui n'étaient que les premiers fils spirituels et éthérés de la Terre et de là vient aussi le nom du Dieu Adonis qui, dans ses nombreuses variations représentait le "Premier Seigneur".

Adam vient du mot sanscrit Ada-Nath, qui veut dire aussi le Premier Seigneur, comme Ad-Isvara ou tout préfixe Ad (le Premier) placé devant un adjectif ou un substantif. La raison de ceci, c'est que ces vérités constituaient un héritage commun. C'était une révélation reçue par la première humanité, avant l'époque à laquelle on donne, dans le langage biblique, le nom de "période d'une seule lèvre et d'un seul mot", ou période d'une seule langue ; le savoir se développa plus tard par suite de la propre intuition, de l'homme et plus tard encore fut mis à l'abri de toute profanation, grâce à un symbolisme approprié.

L'auteur de la Qabbalah[1], suivant les écrits philosophiques d'Ibn Gebirol, nous montre les Israélites employant le mot Ad-onaï (A Do Na Y), "Seigneur", au lieu de celui de Eh'yeb, "Je suis" et d'YHVH et ajoute qu'Adonaï est traduit par "Seigneur" dans la Bible ; la désignation la plus basse, ou la Divinité dans la Nature, le terme plus général d'Elohim, est traduit par Dieu .

Un très curieux ouvrage fut traduit, en 1860 ou à peu près, par l'Orientaliste Chwolsohn et fut présenté à l'Europe, toujours incrédule et légère, sous l'innocent titre de Nabathean Agriculture. Suivant l'opinion du traducteur, ce volume archaïque constituerait une complète initiation aux mystères des nations Pré-Adamites, basée sur des documents indéniablement authentiques. C'est un inestimable compendium, un précis des doctrines, des arts et des sciences, non seulement des Chaldéens, mais aussi des Assyriens et de Chanaanites des époques préhistoriques[2]. Ces Nabathéens – suivant l'opinion de certains critiques – n'étaient autres que les Sabéens ou adorateurs des étoiles Chaldéens. Cet ouvrage est une traduction de l'arabe, langue dans laquelle il avait été déjà traduit du chaldéen.

Masoudi, l'historien arabe, parle de ces Nabathéens et explique ainsi leur origine :

Après le Déluge (?), les nations s'établirent dans différentes contrées. Parmi elles se trouvaient les Nabathéens qui fondèrent la ville de Babylone et ceux des ascendants de Cham qui s'établirent dans la même province, sous la conduite de Nemrod, fils de Cusb, qui fut le fils de Cham et le petit-fils de Noé. Ceci se passa à l'époque où Nemrod fut choisi comme gouverneur de la Babylonie, en qualité de délégué de Dzahhak appelé Biourasp.



Le traducteur, Chwolsohn, est d'avis que les assertions de cet historien s'accordent parfaitement avec celles de Moïse dans la Genèse ; par contre, des critiques moins révérencieux pourraient exprimer l'opinion que c'est précisément pour cette raison que l'on devrait en suspecter la véracité. Il est toutefois inutile de discuter ce point qui est sans importance pour la question que nous traitons. Cet antique problème, usé et enterré depuis longtemps, et la difficulté d'expliquer d'une façon logique la phénoménale origine de millions de gens de races diverses et de nombreuses nations et tribus civilisées qui seraient issus de trois couples – les fils de Noé et leurs épouses – en 346 ans [3] après le Déluge, peuvent être imputés au Karma de l'auteur de la Genèse, qu'il s'appelle Moïse ou Ezra. Ce qui est intéressant dans l'ouvrage que nous étudions, c'est son contenu, ce sont les doctrines qui y sont énoncées et qui sont presque toutes, si on les lit au point de vue ésotérique, identiques aux Enseignements Secrets.

Quatremère a suggéré que ce livre pourrait n'être qu'une copie, d'un traité classique "infiniment plus ancien", faite sous Nabuchodonozor II, tandis que l'auteur soutient, en se basant sur des preuves internes et externes, que l'original chaldéen fut écrit d'après les discours et les enseignements d'un riche propriétaire foncier babylonien, appelé Qoûtâmy, qui s'était servi pour ces conférences de matériaux plus anciens encore. Chwolsohn fait remonter la première traduction arabe jusqu'au treizième siècle avant J.-C.

A la première page de cette "révélation", l'auteur, ou copiste, Qoû-tâmy, déclare que "les doctrines qui y sont exposées, furent originairement données par Saturne... à la Lune, qui les communiqua à son idole et que l'idole les révéla à son fidèle, l'auteur" – l'Adepte qui écrivit cet ouvrage – Qoû-tâmy.

Les détails donnés par le Dieu pour le bien et l'instruction des mortels, montrent des périodes d'une incalculable durée et une série d'innombrables royaumes et dynasties, qui précédèrent l'apparition sur la terre d'Adami (la "terre rouge").

Comme on pouvait s'y attendre, ces périodes ont surexcité les défenseurs de la chronologie biblique textuelle, presque jusqu'à la furie.


De Rougement fut le premier à organiser une levée de boucliers contre le traducteur. Il lui reprocha de sacrifier Moïse à des auteurs anonymes . Il prétendit que Bérose, si grandes que fussent ses erreurs chronologiques, était au moins parfaitement d'accord avec le prophète en ce qui concerne les premiers hommes, puisqu'il parlait d'Alorus-Adam, de Xisuthrus-Noé, de Bélus-Nemrod, etc. En conséquence, ajouta-t-il, l'ouvrage doit être apocryphe et doit être classé parmi ses contemporains – le Quatrième livre d'Esdras, le Livre d'Enoch, les Oracles Sybillins et le Livre d'Hermès – aucun de ces livres ne remontant à plus de deux ou trois siècles avant J.-C.

Ewald attaqua Chwolsohn plus rudement encore et enfin ce fut Renan qui lui demanda, dans la Revue Germanique de donner les raisons pour lesquelles sa Nabathean Agriculture ne serait pas l'œuvre frauduleuse d'un Juif du troisième ou du quatrième siècle de notre ère. Il serait difficile qu'il en fût autrement, prétend l'auteur de la Vie de Jésus, puisque dans cet in-folio sur l'Astrologie et la Sorcellerie :

Nous reconnaissons dans les personnages présentés par Qoû-tâmy tous les patriarches des légendes bibliques, tels qu'Adam-Adami, Anouka-Noé et son Ibrahim- Abraham, etc.

Mais ceci n'est pas une raison, puisque Adam et les autres noms sont des noms génériques. En attendant, nous nous hasardons à émettre l'opinion que, tout bien considéré, une œuvre apocryphe – même si elle date du troisième siècle de notre ère au lieu de dater du treizième siècle avant J.-C, est assez antique pour être considérée comme de bon aloi, en tant que document et pour satisfaire l'archéologue ou le critique le plus exigeant. En admettant même, dans l'intérêt de la discussion, que cette relique littéraire ait été compilée par "un juif du troisième siècle de notre ère" – qu'en résulterait-il ? Laissant pour un moment de côté le degré de créance que méritent ses doctrines, pourquoi serait-elle moins digne de foi ou moins instructive, comme reflétant des opinions plus anciennes que celles que l'on trouve dans tous les autres ouvrages religieux, qui sont, eux aussi, "des compilations de textes antiques" ou de traditions orales – de la même époque ou d'une époque plus récente ? Dans ce cas, il nous faudrait repousser le Coran – paru trois siècles plus tard – en le qualifiant d' "apocryphe", bien que nous sachions, qu'à l'instar de Minerve, il a jailli directement du cerveau du prophète arabe et il nous faudrait dédaigner tous les renseignements que nous pourrions puiser dans le Talmud qui, sous sa forme actuelle, est aussi le fruit de la compilation de matériaux plus anciens et ne remonte qu'au neuvième siècle de notre ère.

Nous mentionnons cette curieuse "Bible" de l'Adepte Chaldéen, ainsi que les diverses critiques dont elle a été l'objet (comme dans la traduction de Chwolsohn), parce qu'elle a d'importants rapports avec une grande partie du présent ouvrage. A part la discussion soulevée par M. Renan, un iconoclaste par principe – auquel Jules Lemaître avait donné le surnom si piquant de "Paganini du Néant" – il semble que le plus grand reproche que l'on adresse à ce livre apocryphe c'est d'avoir la prétention d'avoir été communiqué sous forme de révélation à un Adepte, par "l'idole de la Lune" qui le tenait de "Saturne". On en conclut, tout naturellement, que c'est "un conte de fées, d'un bout à l'autre". Il n'y a qu'une réponse à cela : Ce n'est pas plus un conte de fées que la Bible, et si l'un des deux ouvrages tombe, l'autre doit le suivre. Il n'y a pas jusqu'au mode de divination par l'entremise de "l'idole de la Lune" qui ne soit le même que celui que pratiquaient David, Saül et les Grands Prêtres du Tabernacle Juif, au moyen des Téraphim.

La Nabathean Agriculture est, en effet, le produit de la compilation ; ce n'est pas une œuvre apocryphe, mais bien la répétition des dogmes de la Doctrine Secrète, sous la forme exotérique chaldéenne de symboles nationaux, dans le but de "vêtir" les dogmes exactement comme les Livres d'Hermès et les Pourânas représentent une tentative du même genre faite par les Egyptiens et les Hindous. L'ouvrage était aussi connu dans l'antiquité qu'il le fut durant le Moyen Age. Maimonides en parle et cite plus d'une fois ce manuscrit chaldéo-arabe, en donnant aux Nabathéens le nom de leurs coreligionnaires, les "adorateurs des étoiles" ou Sabéens, mais sans découvrir sous le nom déformé de "Nabathéens" le nom mystique de la caste dévouée à Nébo, le Dieu de la Sagesse Secrète, ce qui prouve jusqu'à l'évidence que les Nabathéens constituent une Fraternité Occulte[4].

Les Nabathéens qui, suivant le persan Yézidi, vinrent à l'origine de Busrah jusqu'en Syrie, étaient les membres dégénérés de cette fraternité ; pourtant leur religion, même à cette dernière époque, était purement cabalistique[5]. Nébo est la Divinité de la planète Mercure et Mercure est le Dieu de la Sagesse, ou Hermès, ou Bouddha, que les Juifs appelaient Kobad בככ "le Seigneur très-haut, l'aspirant" et les Grecs Nabo Ναβώ, d'où le nom de Nabathéens.

Bien que Maimonides appelle leurs doctrines des "sottises païennes" et qualifie leur littérature archaïque de "Sabaeorum foetum", il place leur "agriculture", la Bible de Qoûtâmy, au premier rang de la littérature archaïque et Abarbinel la loue outre mesure. Spencer 11, citant ce livre, l'appelle "très excellent ouvrage oriental", en ajoutant que le mot Nabathéens doit être interprété comme désignant les Sabéens, les Chaldéens et les Egyptiens ; bref toutes les nations contre lesquelles les lois de Moïse étaient le plus sévèrement appliquées.

Nébo, le plus antique Dieu de Sagesse de la Babylonie et de la Mésopotamie, était identique au Bouddha Hindou et à l'Hermès-Mercure des Grecs. Un léger changement dans le sexe des parents est la seule modification. De même que Bouddah était, aux Indes, le Fils de Soma (la Lune) et de l'épouse de Brihaspati (Jupiter), de même Nébo était le fils de Zarpanitou (la Lune) et de Mérodach, qui devint Jupiter après avoir été un Dieu-Solaire. De même que la Planète Mercure, Nébo était le "surveillant" parmi les sept Dieux des Planètes, et, en tant que personnifiant la Sagesse Secrète, il était Nabin, un voyant et un prophète.

On représente Moïse comme mourant et disparaissant sur la montagne consacrée à Nébo. Ceci prouve que ce fut un Initié et un prêtre de ce Dieu sous un autre nom, car ce Dieu de la Sagesse était la Grande Divinité Créatrice et était adoré comme tel. Il était adoré, non seulement à Borsippa, dans son Temple ou sa somptueuse Tour Planétaire, mais il était aussi adoré par les Moabites, les Chanaanites, les Assyriens et dans toute la Palestine. Alors, pourquoi donc pas les Israélites ? Le "Temple planétaire de Babylone" possédait son "Saint des Saints" dans le sanctuaire de Nébo, le Dieu-Prophète de la Sagesse.

On nous dit dans les "Hibbert-Lectures" :

Les anciens Babyloniens avaient un intercesseur entre les hommes et les Dieux… et Nébo était le "proclamateur" ou "prophète", car il faisait connaître les désirs de son père Mérodach.

Nébo est, ainsi que Bouddha, un Créateur de la Quatrième et aussi de la Cinquième Race. En effet, Nébo donna naissance à une nouvelle race d'Adeptes, et le Bouddha à la Dynastie Solaire-Lunaire, ou aux hommes de ces Races et de ces Rondes. Ce sont tous deux les Adams de leurs créatures respectives.

Adam-Adami est une personnification du double Adam ; de l'Adam-Kadmon paradigmatique, du Créateur et de l'Adam inférieur et terrestre qui, suivant l'expression des Cabalistes Syriens, ne possédait que le "Néphesh", le "souffle vital", mais n'avait pas d'Ame Vivante jusqu'après sa Chute.

Donc, si Renan persiste à considérer comme apocryphes les Ecritures Chaldéennes, ou ce qui en reste, cela ne peut modifier en rien la vérité et les faits. Il existe d'autres Orientalistes qui peuvent avoir une opinion différente et si même il n'en existait pas, cela n'aurait encore que fort peu d'importance. Ces doctrines renferment les enseignements de la Philosophie Esotérique et cela doit suffire. Aux yeux de ceux qui ne comprennent rien à la symbologie, cela peut ressembler à de l'astrolâtrie pure et simple et même à de la "sottise païenne" aux yeux de celui qui cacherait la Vérité Esotérique ; cependant Maimonides, tout en exprimant son mépris pour l'Esotérisme dans la religion des autres nations, reconnaissait l'Esotérisme et la symbologie dans la sienne, prêchait le silence et le secret au sujet de la véritable signification des doctrines mosaïques, et de là, vint le malheur.

Bref, les doctrines du Chaldéen Qoûtâmy constituent la représentation allégorique de la religion des premières nations de la Cinquième Race.

Pourquoi donc M. Renan ferait-il preuve d'un pareil mépris académique pour le nom d' "Adam-Adami" ? L'auteur des Origines du Christianisme ne connaît évidemment rien des origines du symbolisme païen, pas plus que de celles de l'Esotérisme, autrement il saurait que ce nom d'Adam-Adami constituait une des formes d'un symbole universel se rapportant, même pour les Juifs, non pas à un seul homme, mais à quatre humanités ou à quatre genres humains distincts. Ceci est facile à prouver.

Les Cabalistes enseignent l'existence de quatre Adams distincts, ou la transformation de quatre Adams successifs, émanations du Dyooknah, ou Fantôme Divin, de l'Homme Céleste, combinaison éthérée de Neshamah, l'Ame suprême ou Esprit suprême ; cet Adam ne possédait, bien entendu, ni un corps humain grossier, ni un corps de désirs. Cet Adam est le Prototype (Tzure) du second Adam. Il est certain que ces Adams représentent nos Cinq Races, comme chacun peut s'en assurer en consultant la description qu'en donne la Kabalah.

Le premier est l'Adam Saint et Parfait, "une ombre qui disparut" (Les Rois d'Edom) et qui était tirée de la divine Tzelem (Image) ; le second est appelé l'Adam Androgyne Protoplastique du futur Adam terrestre et séparé ; le troisième est l'homme fait de "poussière" (le premier, l'Innocent Adam) et le quatrième est l'ancêtre supposé de notre propre race – l'Adam Déchu.

Voyez toutefois la description admirablement claire qu'en donne Isaac Myer dans sa Qabbalah. Il ne mentionne que quatre Adams, sans doute à cause des Rois d'Edom et ajoute :

Le quatrième Adam... était revêtu de peau, de chair, de nerfs, etc. Ceci répond à l'union du Néphesh Inférieur et du Gouph, c'est-à-dire du corps. Il possédait la faculté animale de reproduction et de continuation de l'espèce.

C'est la Race-Mère humaine.

Arrivés juste à ce point, les Cabalistes modernes – induits en erreur par les longues générations de Mystiques Chrétiens qui ont joué avec les archives cabalistiques toutes les fois qu'ils l'ont pu – se séparent des Occultistes par leurs interprétations et confondent l'idée plus récente avec l'idée première. La Kabalah originale était entièrement métaphysique et n'avait aucun rapport avec les sexes animaux ou terrestres ; la plus récente Kabalah a étouffé l'idéal divin sous le poids du lourd élément phallique.

Les Cabalistes disent : "Dieu fit l'homme mâle et femelle".
L'auteur de la Qabbalah dit :

Chez les Cabalistes, la nécessité d'une création et d'une existence continues est appelée la Balance.

Et comme elle ne possédait pas cette "Balance", qui se rattache à Maqom (le mystérieux "Endroit")[6], la Première Race elle-même, comme nous l'avons vu, n'est pas reconnue par les Fils du Cinquième Adam.

Depuis l'Homme Céleste le plus haut, l'Adam Supérieur, qui est "mâle-femelle" ou Androgyne, jusqu'à l'Adam de poussière, ces symboles personnifiés se rattachent tous au sexe et à la procréation. Chez les Occultistes Orientaux, c'est absolument le contraire. Ils considèrent les rapports sexuels comme un "Karma" se rattachant seulement aux rapports en ce monde de l'homme qui est dominé par l'illusion ; comme une chose à mettre de côté dès que la personne devient "sage". Ils considèrent comme un cas très heureux, celui où le Gourou (l'instructeur) rencontre chez son élève une aptitude à mener la vie pure du Brahmâchârya. Leurs doubles symboles ne sont pour eux que les images poétiques des sublimes corrélations des forces cosmiques créatrices. Cette conception idéale éclaire comme d'un rayon d'or chaque idole, quelque grossière et grotesque qu'elle soit, dans les étroites galeries des sombres temples des Indes et des autres pays d'origine des cultes.

Nous l'établirons dans la Section suivante[7]

En attendant, nous pouvons ajouter que, pour les Gnostiques, le second Adam émane aussi de l'Homme Primordial, de l'Adamas Ophite "à l'image duquel il est créé" ; le troisième – un Androgyne – émane de ce second. Ce dernier est symbolisé par les sixième et septième couples d'Æons mâles femelles, Amphian-Essumen (Άµφαὶν-Έσσουµὲν) et Vannanin-Lamer (Οὺανανὶν-Λαµερτάὸε) Père-Mère – tandis que le quatrième Adam, ou la Quatrième Race, est représenté par un Priape monstrueux.

Ce dernier – fantaisie post-chrétienne – est la copie dégradée du symbole gnostique anté-chrétien de "l'Etre bon" ou de "Celui qui créait avant que quelque chose n'existât" le Priape Céleste – vraiment né de Vénus et de Bacchus lorsque Bacchus aussi est Iao ou Jéhovah et Baal ou Adon, tout comme ce Dieu revint de son expédition aux Indes, car Vénus et Bacchus sont les types postérieurs d'Aditi et de l'Esprit.

Le Priape plus récent, bien que ne faisant qu'un avec Agathodaemon, le Sauveur gnostique, et même avec Abraxas, ne représente plus le glyphe du Pouvoir créateur abstrait, mais symbolise les quatre Adams ou Races ; la cinquième étant représentée par les cinq branches coupées de l'Arbre de la Vie, sur lequel se tient le vieillard dans les gemmes gnostiques.

Le nombre des Races-Mères était rappelé dans les anciens temples grecs, par les sept voyelles, dont cinq étaient encadrées dans un panneau des Salles d'Initiations des Sanctuaires. Le glyphe égyptien était constitué par une main portant cinq doigts ouverts ; dont le cinquième, ou auriculaire, n'était qu'à demi développé et aussi par cinq "N" – des hiéroglyphes représentant, cette lettre. Les Romains employaient les cinq voyelles A, E, I, O, V, dans leurs temples, et au Moyen Age, ce symbole archaïque fut adopté comme devise par la Maison de Habsbourg. Sic transit gloria !

(source : "La Doctrine Secrète" d'Héléna Blavatsky, IV, pp.7-15)

Voir aussi

Notes et références

  1. Qabbalah de Meyer
  2. Voyez la Pneumalologie de de Mirville, III, p. 218 et seqq.
  3. Voyez la Genèse et la chronologie autorisée. Dans le chapitre VIII "Noé quitte l'arche" – en 2348 av. J.-C. Dans le chapitre X, "Nemrod, le premier monarque", règne en 1998 av. J.-C.
  4. "Je vais te citer, dit-il, les écrits... qui se rapportent aux croyances et aux institutions des Sabéens. Le plus fameux est le livre intitulé l'Agriculture des Nabathéens et qui a été traduit par Ibn Waliahijah. Ce livre est.plein de sottises païennes... Il traite de la préparation des Talismans, de l'art d'attirer ici-bas les pouvoirs des Esprits, de la Magie, des Démons et des Goules, qui résident dans le désert" (Maimonides, cité par le docteur D. Chwolsohn ; Die Ssabier und der Ssabismus, II, 458). Les Nabathéens du Mont Liban croyaient aux sept Archanges, de même que leurs ancêtres croyaient aux sept Grandes Etoiles, demeures et corps de ces Archanges, auxquels les Catholiques Romains croient jusqu'à présent comme nous l'avons démontré ailleurs.
  5. voyez Isis Dévoilée, III, p.265. NDE : La référence de la traduction française est erronée : la véritable référence que donne Mme Blavatsky (dans la version originale) correspond en français à Isis Dévoilée, III, Chap. IV, pp.221-222, que nous avons rapportée dans l'article Nabathéens.
  6. Simplement la matrice, le "Saint des saints" chez les Sémites.
  7. NDE : La Doctrine Secrète tome IV, Section III : "Le Saint des Saints, sa dégradation".
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