Radiation

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Radiation.


L'étudiant n'obtiendra une vraie perspective de cette question que s'il l'envisage de façon large. Deux aspects de la question se présentent naturellement à sa vision mentale, et tous deux doivent être étudiés s'il veut arriver à une conception adéquate de ce sujet – sujet qui a retenu l'attention des philosophes, des savants et des alchimistes depuis des centaines d'années, consciemment ou inconsciemment. Il nous faut donc examiner :


a. Ce qui irradie.
b. Ce qui est la cause subjective de la radiation.


On pourrait très brièvement affirmer que, lorsqu'une forme devient radioactive, certaines conditions ont été réalisées et certains résultats obtenus, conditions et résultats que l'on pourrait résumer comme suit :

La forme radio-active est celle qui a parcouru ses cycles désignés, selon sa roue de vie, grande ou petite, qui a tourné à une fréquence adéquate, de sorte que l'essence de vie volatile est prête à s'échapper de cette forme et à se fondre dans la forme plus grande, dont la plus petite n'est qu'une partie. Il faut se souvenir, sous ce rapport, que la radiation se produit quand la forme éthérique ou vraie forme devient sensible et répond à certains types de force. La radiation, telle qu'on la comprend au sens occulte, ne concerne pas le fait de s'échapper de la forme physique ou dense, mais la période dans la vie de toute unité vivante (atomique, humaine ou divine) où le corps éthérique ou pranique est dans un état tel qu'il ne peut plus limiter ou retenir la vie qui l'habite.

La radiation apparaît quand la vie interne de tout atome se suffisant à lui-même, est contrebalancée par une incitation ou force d'attraction plus forte, émanant de la plus grande existence qui enrobe l'atome, ce dernier n'étant qu'une partie du corps de cette plus grande existence. Ceci néanmoins n'est vrai que lorsqu'il s'agit de l'attraction sur la vie essentielle, par la vie essentielle de la plus grande forme ; ceci n'est pas dû au pouvoir d'attraction de l'aspect formel de la plus grande vie. Il faut faire ici une distinction très nette. C'est faute d'avoir reconnu ce fait que tant d'étudiants de l'alchimie et tant de chercheurs scientifiques ont perdu leur chemin et rendu nulles les conclusions de plusieurs années d'études. Ils confondent l'impulsion de l'atome à répondre à l'attraction magnétique vibratoire de la forme plus forte qui l'englobe, avec la vraie attraction ésotérique qui seule produit la "radiation occulte" – celle de la vie centrale essentielle de la forme dans laquelle l'élément considéré a sa place. Il est indispensable de clarifier ce point dès le départ. L'ensemble de cette question sera peut-être plus clair si nous l'envisageons de la manière suivante.

L'atome au sein d'une forme tourne autour de son axe, suit sa propre révolution et vit sa propre vie interne. Ceci concerne sa prise de conscience primaire. A mesure que le temps passe, il acquiert une perception magnétique du caractère attirant de ce qui l'enveloppe de toutes parts et devient conscient de la forme qui l'entoure. C'est la prise de conscience secondaire, mais elle concerne encore ce que faute d'un meilleur terme nous appelons la matière. Il y a donc interaction entre l'atome et les autres atomes.

Plus tard, l'atome au sein de la forme s'aperçoit que non seulement il tourne sur son axe, mais qu'il parcourt aussi une orbite autour d'un plus grand centre de force à l'intérieur de la plus grande forme. C'est sa prise de conscience tertiaire, due à ce qu'il ressent l'attraction magnétique du plus grand centre, ce qui provoque chez l'atome une impulsion qui le pousse à se mouvoir dans le cadre de certains cycles spécifiques. Esotériquement, cette prise de conscience concerne la substance ou vraie forme au sein de la forme objective.

Finalement, la force d'attraction du plus grand centre devient si puissante que la vie positive au coeur de l'atome (quel que soit le type de l'atome et quel que soit le règne de la nature) ressent la force de l'énergie centrale qui maintient sa cohésion avec d'autres atomes et leur permet de remplir leur fonction. Cette énergie pénètre le cercle infranchissable, évoque une réponse de ce que l'on pourrait appeler les vies électroniques ou négatives se trouvant à l'intérieur de la périphérie atomique, mais n'évoque pas de réponse du noyau positif essentiel de l'atome. Ceci est dû à ce que la vie essentielle de tout atome, son aspect positif le plus élevé, est toujours de la même nature que celle de la grande vie qui l'attire à elle. Quand ceci est ressenti de manière suffisamment forte, le cycle atomique est terminé, la forme dense est dispersée, la vraie forme est dissipée et la vie centrale s'échappe à la recherche de son plus grand point focal magnétique.

Par ce processus (qui existe dans tous les départements du système solaire), chaque atome à son tour devient un électron. La vie positive de tout atome, au cours normal de l'évolution, devient négative par rapport à une plus grande vie vers laquelle elle est poussée ou attirée ; ainsi, le processus de l'évolution fait passer invariablement chaque vie par les quatre stades énumérées ci-dessus.

Dans les trois règnes inférieurs de la nature, ce processus est subi inconsciemment, selon le sens que l'homme donne à ce terme ; il est ressenti consciemment dans le règne humain et les sphères plus élevées d'existence, en une conscience enveloppante que l'on ne peut guère désigner que par le terme ambigu de "réalisation de groupe soi-consciente".

C'est de ce processus de transmutation que les alchimistes d'autrefois s'occupaient, mais ils atteignaient rarement le stade où il leur était possible d'avoir affaire à la réponse réciproque de deux types d'énergie positive, en conséquence à la libération de la force positive mineure vers son plus grand centre d'attraction. Lorsqu'ils y parvenaient (à part quelques exceptions), ils se trouvaient placés devant un mur, car bien qu'ils aient réussi à situer le principe radiant dans la substance, ou vraie forme, et à percer (ou neutraliser) à la fois le corps physique dense et la forme éthérique, ils ne percevaient cependant pas la nature de la force centrale qui attirait la vie dont ils se préoccupaient, hors de sa sphère apparemment légitime vers un nouveau domaine d'activité. Quelques-uns possédaient cette connaissance mais (comprenant le danger de leurs conclusions) refusèrent d'indiquer par écrit le résultat de leurs recherches.

Si les étudiants veulent étudier les lois de la transmutation [1] telles qu'ils les ont déjà comprises, et par-dessus tout telles qu'elles sont incorporées aux écrits d'Hermès Trismégiste, en se rappelant ce qui a été dit ci-dessus, certains résultats intéressants pourraient être obtenus. Qu'ils se souviennent que ce qui "cherche la liberté" est l'étincelle électrique centrale ; que cette liberté est obtenue tout d'abord par les résultats de l'activité du "feu par friction" qui accélère sa vibration interne ; ensuite par le travail sur l'atome ou la substance du feu solaire, qui provoque :


a. La progression orbitale,
b. La vibration stimulante,
c. La réponse interne éveillée,


jusqu'à ce que finalement le contact soit pris avec le feu électrique. Ceci est vrai de tous les atomes :


a. L'atome de substance,
b. L'atome d'une forme quelle qu'elle soit,
c. L'atome d'un règne de la nature,
d. L'atome d'une planète,
e. L'atome du système solaire.


Dans tous les cas les trois feux. ou types d'énergie, jouent leur rôle ; dans tous les cas les quatre stades sont franchis ; dans tous les cas la transmutation, le transfert ou radiation a lieu et le résultat de la libération de l'énergie positive centrale est atteint, ainsi que son absorption par la forme plus grande, qui sera maintenue telle quelle pendant un cycle spécifique par l'énergie plus forte.

Ce processus consistant à rendre les éléments radio-actifs a, comme nous l'avons vu, préoccupé les étudiants au cours des siècles. Les alchimistes du Moyen Age, commençant avec les éléments les plus simples, et partant du règne minéral ont cherché à découvrir le secret du processus de libération, à connaître la méthode de délivrance, à comprendre les lois de la transmutation. Ils ne réussirent pas, dans la majorité des cas car, ayant situé l'essence, ils ne savaient qu'en faire une fois libérée, et (ainsi que nous l'avons vu) ils n'avaient non plus aucune idée quant à la force magnétique qui attirait à elle-même l'essence dégagée.

Pour comprendre la loi et donc être en mesure de travailler en parfait accord avec elle, l'expérimentateur doit être capable de libérer l'essence de sa forme. Il doit connaître les formules et notes qui la dirigeront vers ce point focal particulier du règne minéral qui a, vis-à-vis de la monade minérale une relation correspondant à celle de l'Ego sur son propre plan, avec l'homme qui rejette sa forme physique et sa forme vraie par la mort. Ceci implique une connaissance confiée seulement au disciple consacré ; si des étudiants tombent par hasard sur la loi et connaissent théoriquement le processus, ils feraient bien de n'aller pas plus loin avant d'avoir appris comment se protéger de l'interaction des forces. Ainsi que nous le savons bien, ceux qui travaillent avec le radium et ceux qui expérimentent dans les laboratoires du monde, perdent fréquemment un membre ou la vie ; c'est dû à leur ignorance des forces auxquelles ils ont affaire. Les essences libérées deviennent conductrices de la force majeure qui est leur centre magnétique, car elles y répondent ; c'est cette force qui produit les conditions désolantes qui existent parfois en relation avec les substances radioactives. Chaque atome radioactif devient, par cette faculté conductrice, un agent de libération ; en conséquence, il provoque ce que nous appelons des brûlures. Ces brûlures sont le résultat du processus libérant la vie essentielle de l'atome de substance physique en cause.

On pourrait noter ici un curieux phénomène dans le règne humain, qui est par erreur appelé la prolongation de la vie ; on pourrait, avec plus de vérité, le nommer la perpétuation de la forme. La science médicale aujourd'hui tend tous ses efforts pour retenir la vie dans des formes malades et inadéquates ; la Nature, si on la laissait faire, les aurait depuis longtemps rejetées. Ils emprisonnent ainsi la vie et font rentrer, à plusieurs reprises, l'essence de vie dans l'enveloppe au moment de la libération. Dans l'avenir, et grâce à plus de connaissance, la véritable science médicale deviendra purement préventive. Elle consacrera ses capacités à protéger la vie atomique de l'atome humain, à aider aux processus de conservation et de protection et au bon fonctionnement de la vie atomique rotatoire, ce qui conduira au parcours correct du sentier orbital humain. Mais elle n'ira pas plus loin, et quand la nature aura suivi son cours, quand l'heure de la libération aura sonné, quand le temps sera venu du retour de l'essence à son centre, alors on reconnaîtra que le travail est terminé et la forme sera rejetée. Mais ceci ne sera néanmoins possible que lorsque la famille humaine aura atteint un stade tel, que par la vie pure et la pensée saine, les corruptions actuelles auront été éliminées. Les hommes fonctionneront alors jusqu'à la vieillesse, ou jusqu'à ce que l'Ego, se rendant compte que le travail particulier prévu pour telle vie a été dûment accompli, rappelle l'étincelle inférieure de vie et retire le point central de feu. Ceci présuppose naturellement des connaissances et des facultés qui actuellement font défaut.

Toutes ces pensées peuvent être étendues jusqu'à inclure des règnes entiers de la nature, les globes d'une chaîne, les chaînes elles-mêmes, un schéma planétaire ou un système solaire.

La Lune est un exemple intéressant de processus de transmutation et de libération pratiquement terminé sur un globe : la vie essentielle du règne humain s'est retirée et a trouvé un nouveau champ d'expression. Toute vie animale a également été absorbée par un plus grand centre d'une autre chaîne. On peut pratiquement en dire autant du règne végétal sur la lune, bien qu'un petit nombre de formes inférieures de vie végétale (d'un genre que nous ne pouvons pas reconnaître) s'y trouvent encore ; tandis que le règne minéral est radioactif et que l'essence de toutes les formes minérales s'échappe rapidement.

En relation avec les règnes de la Nature, on doit se souvenir que leur croissance et leur radiation dépendent finalement du dessein cyclique du Logos planétaire et des courants de force qui jouent sur Son corps planétaire et qui émanent d'autres schémas planétaires.

Tous les atomes deviennent radioactifs par suite de la réponse à un centre magnétique plus fort, réponse qui est obtenue grâce au développement évolutionnaire progressif d'une conscience d'un genre ou d'un autre. On sait que cela est vrai dans une faible mesure du règne minéral, bien que les savants n'aient pas encore admis que la radiation fût provoquée de cette manière. Plus tard ils y viendront, mais pas avant que la théorie générale que nous avons exposée ici, en relation avec tous les atomes, ne soit admise par eux comme hypothèse plausible. Alors le but de leurs efforts sera quelque peu modifié ; ils chercheront à vérifier par la pensée claire et par une étude de l'analogie impliquée, quels points d'énergie magnétiques peuvent être considérés comme existant et comment ils affectent les atomes situés dans leur environnement. On peut donner ici une indication. La lumière sur ces problèmes obscurs se fera par deux voies.

Premièrement, elle se fera par l'étude de la place du système solaire dans le tout universel et de l'effet de certaines constellations sur lui ; deuxièmement, par l'étude sérieuse de l'effet d'un schéma planétaire sur un autre schéma et de la place de la Lune dans notre vie planétaire. Ceci conduira à d'étroites recherches concernant les conditions polaires de la terre, les courants magnétiques planétaires et les échanges électriques entre notre terre et les schémas planétaires Vénusien et Martien. Quand ceci sera accompli, l'astronomie et l'astrologie ésotérique seront révolutionnées et la nature de l'énergie solaire en tant qu'expression d'une Entité de quatrième rang sera reconnue. Ceci arrivera à la fin du siècle après une découverte scientifique d'importance encore plus grande pour le monde scientifique que celle de la nature de l'atome. Jusqu'à ce moment-là il sera aussi difficile d'exprimer la conception hylozoïstique en termes de science exacte que pour l'ancêtre de l'humanité du seizième siècle de concevoir que l'atome est simplement un aspect de la force, non objectif ou tangible. C'est pourquoi pousser plus loin les explications entraînerait la confusion.

Dans l'étude de ce vaste sujet de la radiation, qui est le résultat du mouvement progressif en spirale, il pourrait être intéressant de faire remarquer ici que dans tout règne de la nature il existe certains points focaux d'énergie qui, à mesure que passent progressivement les éons, conduisent la substance atomique dont toutes les formes de tous les règnes sont constituées à un point où elle devient radioactive et atteint la libération. (Le terme "libération" signifie vraiment faculté de tout atome conscient de sortir d'une sphère d'influence énergétique pour entrer dans une autre, de vibration plus élevée et de réalisation consciente plus vaste et plus large).


(source : "Traité sur le Feu Cosmique" d'Alice Bailey, pp.1063-1071)


Notes et références

  1. En ce qui concerne la Transmutation, la formule ancienne suivante est intéressante. Elle servait de base au travail alchimique autrefois. (NDE : suit la citation de la Table d'Emeraude - voir à cet article.)
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